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Cfia
Triballat
L’harmonie des hommes et des produits, de la fourche à la fourchette…
Notre métier, c’est de donner de la vie au produit …
Triballat est une entreprise familiale dont le président Olivier Clanchin représente la 3ème génération. C’est dans les années 50 que Triballat Rians a été créé près de Bourges et que l’entreprise Ravalet a été reprise à Noyal sur Vilaine. A l’époque il n’y avait pas la maîtrise des chaînes de froid que l’on connaît aujourd’hui ; il existait une logique de proximité en production et en consommation. Les deux entreprises ont réussi à grandir chacune dans leur périmètre de compétences, avec une proximité forte. Lorsque la grande distribution est arrivée, elles se sont fédérées autour d’une force commerciale commune. Face au développement de ses gammes de produits dans les années 90, le groupe a procédé à un redéploiement et chacune des deux entreprises a repris son indépendance commerciale. « Mon cousin Hugues Triballat pilote Rians, et moi Noyal. Nous sommes à la tête de deux structures indépendantes, mais avec des synergies fortes autour de la logistique : la plate forme de Chateaubourg sert de stock déporté à Rians, et inversement. ». A Noyal, l’entreprise travaille sur le végétal, le Bio et les fromages avec une zone de recoupement autour du chèvre.
Sojasun ou comment récolter les fruits d’une stratégie visionnaire…
Se lancer dans le soja en 1986, il fallait y croire et être persévérant ! Idem pour le Bio qui a été mis en place en 1975. « Cela représente un travail considérable…explique Olivier Clanchin. Gandhi disait « First they ignore you, then they laugh at you, then they fight you, then you win. » J’aime cette citation… au départ, on vous ignore, puis on se moque de vous, on vous combat et enfin vous gagnez, parce que durant toutes ces phases successives, vous avez grandi, acquis les compétences et un savoir faire. » Preuve en est : aujourd’hui, les gammes de produits Sojasun (sans OGM) représentent 50% de l’activité du groupe, avec une gamme d’ultra frais, d’UHT et traiteur. Une charte garantit la qualité auprès du consommateur des produits fabriqués à Chateaubourg et Chateaugiron. C’était tout aussi complexe de mettre en place le Bio dans les années 70 : il représente désormais 20% de l’activité. L’entreprise propose aujourd’hui une gamme large en bio et en végétal et en fromages.
Un domaine de compétences et des process spécifiques pour chaque modèle
Bruno Camier est responsable de la branche fromage. Les métiers se sont organisés avec la transformation des différents laits (vache, brebis et chèvre). « Chaque atelier, dans son domaine de compétence, possède un modèle bien spécifique impliquant la partie amont, comme par exemple en Normandie où l’on ne produit notre Pont-l’Evêque et notre Livarot qu’avec du lait de vache normande nourrie au foin. Cette logique de modèle est pour nous essentielle et doit à terme pouvoir être perçue et comprise par les distributeurs et les consommateurs » Concernant les matières premières, on privilégie le local pour le lait et le national pour le soja qui vient du sud ouest et de l’est de la France. Il existe aussi un pôle nutrition : « nous réfléchissions sur la meilleure façon de valoriser nos excédents laitiers » explique Olivier Clanchin. C’est ainsi que Triballat Noyal est désormais présent sur le marché du mixte diététique et sportif avec des produits dédiés à la complémentation nutritionnelle. Autre exemple, Triballat s’est associée avec Bordier (les beurres) pour réaliser un produit sur mesure, spécifiquement pour les restaurants gastronomiques. Toutes ces démarches ont permis de segmenter les produits en lien avec les matières premières… et leurs outils de transformation.
La Green attitude
Pour Olivier Clanchin, le sujet du développement durable est avant tout « une logique de comportement individuel. Le changement viendra de nous ! Il nous a semblé judicieux alors de parler d’attitude. C’est ainsi qu’est née la Green attitude, qui se concrétise pour nous, de manière individuelle, par l’harmonie entre ce que l’on pense, dit et fait, et de manière collective par une logique d’acteur responsable d’amont en aval, du producteur au consommateur, autour d’une philosophie gagnant gagnant. Tout cela passe par la qualité, par l’environnement bien sûr, et surtout par les hommes. » Depuis 2005, a été mis en place le diester sur la partie transport. Une centaine de véhicules roulent au carburant vert. Ce n’est que l’une des actions menées depuis de nombreuses années au sein du groupe et qui s’inscrit pleinement dans le développement durable… tout comme l’installation des diverses énergies photovoltaïque ou éolienne, ainsi que la qualification, le tri et la valorisation des déchets.
L’humain au cœur du système
Au sein de l’entreprise a été développée la démarche des énergies nouvelles. Après une période de grande mobilisation sur les problématiques environnementales, le groupe s’est investi depuis 1999 sur l’aspect social, dans ce programme, pour créer une dynamique participative et fédératrice. « C’est le plus souvent au pied de la machine que nous identifions les problèmes et trouvons les solutions », précise le président de Triballat Noyal. C’est dans ce cadre-là que les 5S (ce sont les initiales de 5 mots japonais : Seiri -débarras, Seiso -nettoyage, Seiton -rangement, Seiketsu -ordre et Shitsuke -rigueur et implication) ont été mis en place, puis les équipes autonomes de production. Comme l’explique Bruno Camier : « il a fallu du temps pour l’adapter et fédérer nos collaborateurs. C’est un excellent outil que nous avons adopté, diffusé et baptisé en 2007 « énergies nouvelles ». Aujourd’hui, ce sont 50 équipes qui œuvrent dans ce sens sur les sites (en production mais aussi en services support, administratif, marketing…). Un « coordinateur facilitateur », Didier Lemauff, pilote l’ensemble. Chacun apporte sa pierre à l’édifice, le salarié est force de proposition. Que ce soit au sujet du rendement des déchets en suremballage, ou encore des économies d’eau (de l’ordre de 10% sur l’atelier Petit Billy), les collaborateurs proposent des solutions, font des essais avant validation. Il s’agit d’une réelle prise de conscience de chacun. De plus, cela crée d’autres liens, notamment entre la production et la maintenance… que du positif ! L’entreprise a un turn over quasiment nul. « Il faut savoir valoriser les salariés. Cela passe bien sûr par une partie financière mais aussi une reconnaissance de l’individu en tant que tel… et rien ne me fait plus plaisir que de voir ces personnes venir travailler avec le sourire » commente Bruno Camier.
Devenir une entreprise européenne…ou « labori kun la Esperanto »*
Demain, c’est aussi construire une culture européenne. Qui dit « culture européenne », dit « communication »… « Nous nous sommes dit que l’esperanto pouvait être un modèle » explique Olivier Clanchin. Lorsque l’on ironise sur le sujet espéranto, le président sourit : « hé bien… là aussi, comme pour le Bio ou le soja, des gens ont envie d’y croire. Nous y avons cru pour les autres projets, et ça a marché… alors, l’esperanto, pourquoi pas ? Cela en vaut la peine, il faut essayer, c’est positif d’être prêt à relever des défis ! » L’entreprise est un bon vecteur pour tester ce concept. Du moment qu’il y a du collectif avec des gens n’utilisant pas la même langue, l’esperanto peut être un véhicule cohérent qui se maîtrise 10 fois plus vite que l’anglais. « N’oublions pas que nous sommes une Europe à 27. Si nous avions tous une langue commune, cela accélérerait pas mal de démarches. De plus, dans la logique du développement durable, là où l’on parle de réduction d’emballage, comment faire avec autant de langues que de pays pour un seul produit à exporter ? Lorsque vous achetez un produit électroménager combien y a-t-il de kilos de papier, de notices, dans toutes les langues ? Je pense que la langue du pays, l’anglais, puis l’esperanto pourraient suffire. Enfin, l’esperanto est la seule langue équitable… car personne ne naît avec. »
Parmi les grands axes de développement, de nouveaux ateliers sont en cours de construction à Pornic (le Curé Nantais) et en Lozère. « Nous avons vocation de transférer l’activité ultra frais bio du centre ville de Noyal vers un site plus adapté sur la Z.A. La Rivière (ancien site de transformation Ricard). » Triballat Noyal souhaite continuer à entretenir des segments lui permettant de pérenniser l’ensemble, de par la diversification de l’activité. Avec plusieurs métiers, plusieurs marchés, le groupe parvient à entretenir une vitesse et une capacité de croissance.
Pouvoir rester leader sur des marchés adaptés à ses modèles d’entreprises, continuer à innover et explorer de nouveaux produits, de nouvelles gammes… c’est indéniable, chez Triballat, on est toujours prêt à relever les challenges, quitte à sortir parfois des sentiers battus. C’est à ce prix que l’on peut découvrir des territoires inexplorés et passionnants !
* (Travailler avec l’Esperanto)
Zoom sur Le petit Billy
Pour la petite histoire, c’est le nom d’un petit village du Cher où est né en 1982 ce savoureux fromage de chèvre. En 1986 le site est arrivé à Noyal sur Vilaine. En 2004, la surface totale passe à 5000m2. Par an, ce sont 1450 tonnes en fromage de chèvre et 70 tonnes en brebis qui sortent de l’usine. Pour la matière première sur le site, 31 producteurs fournissent 7 700 000 litres de lait de chèvre par an. « Nous avons aussi 450 000 litres de lait de brebis bio par an qui sont collectés chez six producteurs, précise le responsable d’atelier. Au sein de l’usine, le personnel travaille en 2X8. Bruno Camier est assisté d’un adjoint et d’une déléguée à la qualité. Deux personnes s’occupent du traitement du lait. « Le lait arrive cru de nos producteurs et nous nous chargeons de la pasteurisation. » Chez Triballat, on applique depuis longtemps la parité au sein de l’entreprise : un chef d’équipe fabrication et une chef d’équipe emballage gèrent respectivement un groupe de 10 hommes à la production et 10 femmes au conditionnement…
Au niveau du process, l’entreprise investit en 2007 sur un robot de retournement de fromages. En 2009 est installé un nouveau robot à l’emballage car le Petit Billy a la particularité d’être enveloppé d’une feuille de châtaignier factice. Avant, l’opération de pliage de la feuille de châtaignier s’effectuait manuellement, avec des gestes répétitifs qui posaient des problèmes de TMS (troubles musculo squelettiques). La société Mecaprocess a imaginé un système de courroies ingénieux qui replie les feuilles.
Les étapes techniques du traitement du lait
A l’arrivée du lait cru, son traitement s’effectue en commençant par la pasteurisation. Le lait pasteurisé est ramené à une température de maturation, ensemencé avec des bactéries lactiques que l’entreprise sélectionne. « Il est possible d’avoir une traçabilité à tous les niveaux, y compris sur les températures. Chez Triballat, on ne lésine pas sur les analyses qui représentent des budgets importants pour l’atelier Petit Billy, celles-ci sont réalisées en interne au laboratoire de Noyal.
En salle de coagulation, la présure est distribuée en fond de bassine. Le lait passe alors à l’état gel en 30 minutes. Il est coagulé et acidifié et reste jusqu’au lendemain matin 7H. Ensuite, le produit est envoyé sur un convoyeur de moulage. Celui-ci s’effectue manuellement, à la louche. Le process a été conçu de façon modulable en termes de variateur, de vitesse d’égouttage, par rapport à la matière première qui est spécifique et variable dans le temps. Cela résulte d’un bon partenariat avec Tecnal. « Humainement, cette expérience a été très riche, souligne le responsable d’atelier. Nous avons également tenu à ce que tous les éléments soient démontables pour une meilleure nettoyabilité et ce grâce à un bon échange avec TECNAL.
Jacques, le retourneur… de plateaux
Ce robot à qui nous avons voulu garder un côté humain a été surnommé Jacques(prénom de la personne l’ayant programmé) il a en charge la phase de retournement des fromages, opération qui avant 2004 était manuelle. On laisse ensuite les fromages égoutter durant 16 à 18H. Pour la partie chèvre bio, le principe est le même, mais en plus petites quantités, d’où les opérations manuelles plus importantes (y compris le retournement des plateaux). Le lendemain matin ont lieu les opérations de dépilage et démoulage. Celui-ci s’effectue de 5 H à 9H du matin, sur claie, et manuellement. Le produit fragile et délicat est déposé sous une trémie de salage (sel sec). Le produit passe en frigo avant d’être emballé. Un petit robot Fanuc vient aspirer délicatement les fromages par le dessus, pour les déposer dans les alvéoles avant de procéder à la phase de conditionnement. En sortie de ligne nous reprenons un schéma classique : détecteur de métaux, dépose d’étiquettes et de Gencod, marquage jet d’encre et palettisation manuelle. Les fromages sont conditionnés sous atmosphère contrôlée garantissant une parfaite conservation, en barquette pour la coupe et sous coque pour le libre service (200 gr). « Nous regroupons tous les éléments de traçabilité (sur AS400) et expédions sur la plate forme logistique de Chateaubourg. » souligne Bruno Camier. En termes de traçabilité, il existe des codes couleurs pour les jours dédiés aux différentes opérations, selon les produits…ce type de management visuel est plus simple et clair pour tous. C’est indéniable, grâce à la qualité du lait utilisé, à l’inventivité et au savoir-faire de professionnels qui aiment leur métier, on ne peut résister aux chefs d’œuvres de saveurs et d’arômes que proposent Triballat Noyal .Tout est question de savoir faire et d’un mélange subtil entre Tradition et Innovation.
Nathalie Hennebique et Bernard Bleuzen
Le CFIA ?
« Chaque responsable d’atelier se rend régulièrement au CFIA, un salon à échelle humaine. Implanter l’événement à Rennes était tout à fait cohérent, dans une région dotée d’un parc d’industries et d’équipements important. C’est un salon plus accessible que d’autres en région parisienne. Si nous avons des manifestations majeures en Bretagne tel que le CFIA aujourd’hui, c’est parce que les industriels, les fournisseurs ont identifié qu’il existait de véritables besoins et une logique de proximité. Cela répond à une vraie attente : en étant sur le terrain, nous créons du lien. Nous avons développé des projets avec des spécialistes, testé du matériel qui était en démonstration au CFIA et développé des innovations grâce à cette proximité géographique. »
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Triballat Noyal en bref…
Reprise de l’entreprise Ravalet par Maxime et Olga Triballat en 1951
750 salariés dont 160 sur la branche fromage et 25 personnes au sein du site Petit Billy.
Activités : Transformation des laits de vache, brebis, chèvre et soja
CA : 200 Millions €
17 sites de production.
Clients : GMS (70%), les réseaux traditionnels (10%, en incluant les magasins de proximité et la RHD), 20% d’export.
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