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VISITE D’USINE : MAÎTRE PRUNILLE, le fruit d’un savoir-faire ancré dans le patrimoine culinaire du Sud-Ouest

Le fabuleux destin de Maître Prunille…

Un leader du fruit sec, présent sur tous les circuits de distribution, doté d’une solide expérience au service des industriels… visite guidée.



Joli parcours que celui de Maître Prunille depuis sa création en 1963, filiale de transformation et de commercialisation de la coopérative France Prune. La marque commerciale est apparue en 1988 pour apporter une différenciation au marché. Aujourd’hui, l’entreprise nichée au cœur du Lot et Garonne se place en première position à l’échelon européen comme transformateur de fruits secs et troisième mondial de pruneaux avec 65% de prise en charge de la récolte française de prune d’Ente. France Prune est l’union de 25 coopératives de séchage et 550 exploitations (4000 Ha), toutes implantées dans la région. L’une d’elles regroupe des adhérents individuels : « Certains pruniculteurs livrent des coopératives de séchage pour transformer la prune. D’autres possédant des fours de séchages font la première transformation eux-mêmes » précise Xavier Picard, président de l’entreprise et directeur général de France Prune. D’importants changements sont intervenus ces deux dernières années : « de six, nous sommes passés à trois sites industriels : un dans les Bouches du Rhône (Vitrolles) et deux dans le Lot et Garonne (St Quentin-du-Dropt et Casseneuil). Le choix de Vitrolles s’est imposé naturellement, suite au rachat en 2002 de la société Saman, notamment en raison du port de Marseille, pour l’arrivée des matières premières en provenance de l’étranger ».



Une pépite noire que l’entreprise fournit toute l’année



Les usines fonctionnent dans une amplitude très large. Chacune d’elles est divisée en ateliers, selon chaque type de production. On conditionne plus de 4 000 articles différents sur l’ensemble des sites (fruits secs et moelleux, produits IAA). « L’activité s’étend tout au long de l’année, notamment avec les calendriers festifs qu’il faut satisfaire tant en France qu’à l’étranger ». Au sein de l’usine de Casseneuil, le turn-over est faible. On compte au niveau de l’entreprise 590 salariés permanents avec « des pointes » de 200 intérimaires venant renforcer les équipes à certaines périodes : notamment de fin août à février/mars, avec une saisonnalité importante du fait de la prise en charge de la récolte et du travail de séchage, du calibrage et de l’acheminement. Deux autres saisonnalités fortes viennent s’ajouter avec les fêtes de fin d’année et la préparation du Ramadan. « Il existe une plate forme de stockage ici à Casseneuil, qui est le site le plus important, une unité à St Quentin-du-Dropt, et une autre à Ste Livrade. » Suivant l’activité et les saisonnalités, les équipes travaillent de façon très variable : le rythme peut aller du 1X8 sur 5 jours jusqu’à du 3X8 quasiment sur 6 jours. « Nous avons créé dans l’entreprise une fonction supply chain qui se justifie pleinement : tout ce qui a attrait aux prévisions de ventes, planification, ordonnancement, représentent des points essentiels de notre fonctionnement. Anticiper peut se révéler très complexe… si nous voulons satisfaire des taux de service à plus de 99%, il ne faut pas s’égarer ! » s’exclame en souriant le président de l’entreprise. Le tonnage par an peut être très fluctuant selon les récoltes, de 25 à 35 000 tonnes, juste pour le pruneau. « Cette année 2010 s’annonce plutôt bien. Nous avons connu des périodes où nous faisions de fortes ventes de dégagement, en raison de grosses récoltes. Par ailleurs, certaines années, nous fournissions nos produits en quantité, pour des pays subissant les aléas climatiques ; ça a été le cas de la Californie qui a souffert de fortes gelées en 2004 ».



Des hommes et des compétences

Le maître mot au sein de l’entreprise est la communication interne, où l’on travaille en open space. Beaucoup de communication transverse entre les différents services, constitués d’une équipe où la parité hommes femmes est de mise. « La force d’une équipe c’est d’avoir aussi un bon compromis entre l’expérience, la jeunesse… des personnes ayant 55 ans et plus apportent également un vrai complément ». L’équipe commerciale de Maître Prunille est composée de 40 personnes France/Export tous réseaux confondus, incluant des directeurs de clientèle en fonction des réseaux (GMS, RHD…), hormis pour les IAA, qui sont directement rattachées à la direction. Il existe également une force de vente sur le terrain, gérée par des chefs de secteur. « Nous sommes leader et il faut être présents partout avec des personnes disponibles et compétentes, pas seulement au niveau des langues mais aussi des législations. Le rôle du commercial ne s’arrête pas juste à la négociation, il entre vraiment dans le détail du cahier des charges, avec tous les aspects techniques que cela engendre. » Leurs principaux circuits de distribution ? La GMS pour 70%, les IAA 6%, et 24% répartis entre la RHD, les grossistes et les autres circuits notamment à l’export. 30% de la production est destinée à l’export. « En fonction des réseaux de distribution nous sommes très présents sur certains pays. L’Europe (surtout en GMS), et du grand export avec le Canada, les Etats-Unis, l’Amérique Latine,… (essentiellement des produits pour l’industrie) », souligne Xavier Picard.



Une culture de l’innovation

La MDD représente une part importante de la production qui va en croissant chaque année, mais la vocation de Maître Prunille est clairement d’innover sur sa propre marque, leader sur le marché. Le service R&D, y travaille assidument. Il existe un comité d’innovation au sein de l’entreprise, sous la responsabilité de Cédric Rousselet, responsable marketing. Que ce soit pour un produit ou un packaging, tout le monde s’implique au sein de ce comité, du marketing et la R&D à l’acheteur matières pour le lancement d’un produit, le commerce France/Export,…. « Manger sain est une véritable préoccupation aujourd’hui. Beaucoup d’acteurs communiquent à ce niveau, y compris le gouvernement, commente Cédric Rousselet. Nous avons donc axé bon nombre de nos innovations sur ce créneau. » Maître Prunille a également resegmenté sa proposition produits sur des instants de consommation, notamment une gamme « Santé Forme » : ce sont tous ces produits sains qui vont des graines grillées sans sel, sans matières grasses, jusqu’à des mélanges, ou des dosettes énergie pour les sportifs… Le rayon des fruits secs avait besoin d’être redynamisé ; c’est ainsi que depuis quatre ans, l’entreprise propose des innovations qui boostent ce segment. Les tranches de pommes déshydratées sans matières grasses en sont un bel exemple. « Le pruneau est un élément fondateur dans le rayon des fruits secs dont il représente 30%. Par définition, nos actionnaires sont des pruniculteurs mais ils ont aussi d’autres fruits. Nous sommes sur l’ensemble du rayon, y compris sur les graines, les segments ex aide-culinaires que nous appelons Création ». Des tests sont effectués avant le lancement d’un nouveau produit. « Nous faisons des études conso avec des groupes réunis en divers endroits de France, car tous les consommateurs n’ont pas la même sensibilité au produit en fonction de leur situation géographique, poursuit le responsable marketing. Nous faisons des propositions, ils s’expriment sur les concepts, y adhèrent ou pas selon leur système de valeurs. Ensuite, nous nous positionnons, retravaillons le concept pour le mettre en adéquation… nous apprenons beaucoup en étant à l’écoute… d’où l’importance d’être sur le terrain ! »





Leur terrain de jeu ? Le monde !

L’approvisionnement des matières premières est bien sûr local concernant le pruneau d’Agen IGP (Indication Géographique Protégée). Afin de répondre à la demande, pour des produits spécifiques dont Maître Prunille n’a pas localement les volumes, leur terrain de jeu c’est le monde : le Maghreb, pour les dattes, la Turquie pour les abricots, figues, raisins… et certains pays comme la Thaïlande, la Malaisie, etc… qui ont des produits bien spécifiques. « Pour faire face à la demande, un service achat matières s’occupe du sourcing, va rechercher et dépêcher le produit qui est demandé par un commercial », explique Katia Romero, responsable commerciale IAA. Cependant, au sein de l’entreprise, on commence à réfléchir sur des solutions de substitutions car la trace carbone est une question qui va, à l’avenir, être obligatoirement abordée pour ses marchés…. C’est ainsi que Maître Prunille encourage ses producteurs à se diversifier, même au niveau du verger, « c’est un travail de longue haleine, commente Xavier Picard.

Cela demande aussi des investissements. Comment a été vécue la flambée des matières premières au sein de l’entreprise ? « Nous ne l’avons pas ressenti de la même façon que les céréaliers… cependant, nous avons connu des fluctuations en raison des conditions climatiques : les raisins ont flambé en Grèce ou en Turquie il y a deux ans, il y a eu de fortes gelées sur les figues et ou les abricots…, ce sont des produits vivants, qui subissent les aléas du climat… Il existe d’autres paramètres compliqués à gérer, avec le phénomène parité monétaire qui joue aussi. Tant que l’euro était très fort, cela pouvait compenser une partie pour les achats. Il y a encore le pays éventuellement sur lequel on réexporte le produit fini, qui lui aussi a une monnaie comme la livre sterling ou le dollar… parfois l’équation peut avoir trois inconnues ! »



Le développement durable, une évidence

Maître Prunille se positionne dans une démarche éthique et développement durable, sous assurance qualité ; cela fait partie intégrante de leurs référentiels, tout comme ceux des grands distributeurs, « nous travaillons avec les plus grands distributeurs qui suivent en surfant forcément sur cette tendance, explique Xavier Picard. Nous œuvrons à tous les niveaux, déjà de l’amont puisque les pruniculteurs ou les arboriculteurs travaillent sur la gestion de l’eau. C’est essentiel pour les vergers, lorsque nous mettons en place des systèmes automatiques d’irrigation, d’analyse de la météo, etc…, afin d’utiliser juste l’eau nécessaire. Concernant les pesticides, là aussi, on ne peut faire n’importe quoi, dans un souci environnemental mais également par rapport aux normes et réglementations existantes… surtout avec un pruneau IGP ! Nous avons encouragé la reconversion d’une partie des producteurs en Bio qui représente 3%, c’est une petite niche en augmentation chaque année. Sur le fond, le Bio c’est bien, mais nous travaillons un produit très complexe pouvant subir des variations d’une année sur l’autre… cela limite l’offre, ce qui a forcément une incidence sur le prix du produit. » Avec une superficie de bâtiments de 45 000 m2, (sur une surface totale de 90 000 m2) les potentiels d’économie envisagés dans le cadre du dispositif d’économie d’énergie se sont axés également sur les chambres froides, les process usine, la distribution d’air comprimé, le circuit vapeur et le chauffage du site de production. Autre tendance forte, toujours dans ce souci environnemental, c’est le packaging. Une cellule spécialement dédiée travaille sur l’ensemble des emballages de l’entreprise et les coûts que cela peut générer. La moitié des volumes de pruneaux commercialisés en GMS France sont des pruneaux dénoyautés, cette proportion est encore plus forte sur les marchés du nord de l’Europe. Là encore, rien ne se perd, avec la valorisation des coproduits : celle des noyaux s’effectue avec la société Valoris, qui les récupère pour les destiner au bois de chauffage. L’amandon est utilisé pour les huiles et cosmétiques. « C’est une activité annexe qui n’est pas à négliger. Cette importante station de séchage et de concassage est basée à Cancon (47). Là, les noyaux sont revalorisés et commercialisés ».



La station d’épuration sur le site de Casseneuil



Une politique très régulière d’investissements

Aujourd’hui, prioritairement, les investissements s’axent sur deux domaines : le travail d’automatisation et donc de recherche d’amélioration de la compétitivité, et l’environnement. Le dernier en date est la station d’épuration avec la méthanisation sur le site de Casseneuil, projet qui a pris forme en étroite collaboration avec L’ADEME (l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie)… Nous sommes en train de procéder à un important chantier photovoltaïque sur l’ensemble des trois usines. Au niveau des installations, actuellement de gros travaux de réhabilitation sont mis en œuvre : « nous avons investi massivement sur les sites de St Quentin et Casseneuil, dans des technologies innovantes brevetées… ce sont des lignes de production toutes neuves où l’on compte peu d’opérations manuelles, dans un environnement complètement neuf. Les équipementiers sont français, japonais, italiens, hollandais,… parmi eux, Ishida. Il existe une politique très régulière d’investissement au sein du groupe, qui a été boostée ces trois dernières années… « On ne passe pas de six usines à trois usines, avec le même volume, sans un travail important. » souligne Xavier Picard. Plus de 20 Millions d’euros sur 4 ans ont été investis dans les différents projets.



Les PAI, un axe de développement fort

Les prochains axes de développement de Maître Prunille ? « Le circuit sur lequel nous travaillons activement est celui des PAI et RHD : notre objectif est de développer le CA chaque année. Cela a été durant plusieurs années traité de manière opportuniste, maintenant nous sommes vraiment dans l’offensive et la croissance » explique Katia Romero, responsable commerciale IAA. L’activité IAA représente près de 400 clients en France et dans le monde. Aujourd’hui, l’entreprise propose différents PAI pour divers circuits (pruneaux et dérivés industriels, purée, crème, dés, concentrés, pâtes, fruits secs…), telles que l’industrie laitière, céréalière, ou encore les jus de fruits, etc… ce circuit de distribution IAA est complètement voué à satisfaire les besoins de l’agro-industriel. Il y a quelques années déjà, des investissements importants avaient été réalisés pour équiper les ateliers de fabrication de concentré de jus et des mélanges spécialement calibrés. Il est important de trouver des solutions adaptées, personnalisées, à chaque industriel. Certains de leurs produits proposés peuvent bénéficier d’une certification kasher ou halal. « Il y a aussi certains produits que nous travaillons en co-branding. L’ingrédient porte le nom de la marque et entre dans le concept global. Cela nous donne une légitimité et c’est tout à fait positif. »



Une traçabilité de l’arbre à l’assiette

« Chaque producteur possède une codification, nous gérons les pallox, il existe des codes couleurs pour les poches, des calibrages pour différents produits… » Certains vergers sont spécialisés parce qu’effectivement comme dans la vigne, il y a des vergers de coteaux, de plaines, des vergers irrigués ou non, jeunes ou vieux,… avec une qualité certifiée qui répond à des critères précis, de mesures de sucres, de calibres,… autant de paramètres pour une chaîne qui donnera des points de différences selon les produits. La qualité des vergers est intégrée au service qualité Groupe, fort d’une trentaine de personnes (incluant aussi le contrôle et l’audit de toutes les filières en amont). A l’étranger les fournisseurs de matières premières sont audités au minimum une fois par an, le cahier de charges est vérifié, répond à des certifications qualité, pour être référencés chez Maître Prunille. « Nous avons l’IFS en France, BRC à l’étranger… les normes EurepGap (référentiel de bonnes pratiques agricoles), les référentiels sont plutôt mondiaux… par ces exigences, cela permet d’être sélectif. Côté consommateur, parfois cela peut lui sembler confus… mais ça fait partie du capital confiance. C’est inconscient mais en choisissant une marque, il sait qu’il peut acheter sereinement » précise le président du Groupe.

Si d’aventure vous empruntez les routes du Sud Ouest, offrez-vous une délicieuse pause dans le Lot et Garonne… vous aurez le plaisir de découvrir tout un art de vivre en savourant les douceurs gustatives de Maître Prunille !





- De gauche à droite : Cédric Rousselet, responsable marketing ; Xavier Picard, président de Maître Prunille et directeur général de France Prune ; Katia Romero, responsable commerciale IAA

- Ce que nous avons aimé ces dernières années ?

« La capacité de l’entreprise à s’adapter. Nous avons aimé le passage relativement en douceur vers notre réorganisation, une centralisation par le regroupement des usines… avec cette remise en marche des volontés, il y a eu une véritable adhésion des personnes ! La vraie réussite, c’est lorsque chacun apporte sa pierre. C’est aussi donner la chance aux gens en interne qui évoluent.


- Ce que nous avons moins apprécié,

c’est cette période de crise économique, que nous ressentons tardivement. Les choses ont évolué dans le sens où nous connaissons une période de « déconsommation » qui peut être plus ou moins sensible en fonction des secteurs. La crise est aussi structurelle et nous assistons à une évolution des mentalités qui se profile actuellement. Quelque part, ces périodes incitent à être plus que jamais réactif, offensif. Il est important de se repositionner, nous remettre en cause : les cartes sont redistribuées et les personnes se montrent plus ouvertes aux questionnements. »



Le CFIA ? Nos spécialistes achats machines se déplacent sur le salon. Le CFIA a grandi, maintenant il y a un hall dédié aux PAI. Pourquoi pas une prochaine participation en tant qu’exposant sur ce pôle ?


Maître Prunille, en bref

CA : près de 180 M€

3 sites de production :
- Casseneuil (70% de la production totale) pruneaux, fruits moelleux, et produits IAA
- St Quentin du Dropt (15% de la production totale) pruneaux, pop corn, dattes
- Vitrolles (15% de la production totale) arachides, pistaches, amandes, noix de cajou, fruits secs
- 590 salariés permanents
- 50 000 Tonnes en moyenne de produits transformés
- Clients : GMS, IAA, RHD, grossistes primeuristes




Nathalie Hennebique




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