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Cfia
Jean Floc’h
La dynamique industrielle et humaine au service des produits et des clients
Marc Simon,directeur qualité et Michel Boulaire, Président directeur général du Groupe Jean Floc’h
Sur la route de Jean Floc’h…
Impossible de louper la signature « Jean Floc’h » lorsque l’on emprunte la voie express entre Rennes et Quimper ! Avec, à ce jour, 10 sites de production, le groupe couvre l’ensemble des métiers de la transformation de la viande de porc avec une forte concentration dans l’Ouest, bassin principal de production. Que de chemin parcouru depuis 1985, lorsque Monsieur Jean Floc’h devenait propriétaire de l’usine Clermont à Liffré… après un parcours jalonné de succès depuis 1966 dans les métiers du porc. Mais, c’est véritablement en 1987, avec l’achat de BERNARD à Locminé, que l’aventure industrielle de Jean Floc’h va révéler toute sa dimension. Aujourd’hui, Michel Boulaire est président directeur général et actionnaire principal du Groupe.
L’activité de Jean Floc’h se répartit entre la production de viande de porc (200 000 T) portant le label VPF (viande de porc française) et les produits transformés (50 000 T) destinés à la RHD, aux industriels, à la GMS et à l’export. La force du Groupe ? C’est sa diversité et sa complémentarité, avec l’abattage, la découpe de viande, la salaison, la conserve et la surgélation et comme le confirme Michel Boulaire : « ce qui fait notre force, c’est d’avoir su travailler, au-delà du marché, les familles de produits qui pouvaient être exploitées pour une diversité de clients. »
La diversité alliée à la complémentarité…une force évidente !
Le Groupe s’impose sur les principaux marchés : RHD, industriel, export, GMS et vente au détail. Pour le président directeur général, la diversité est le maître mot. Quels sont les ingrédients pour expliquer cette complémentarité, cette croissance ? C’est un mélange d’histoire, de hasard, d’opportunités… : au départ, la société BERNARD, qui disposait d’un petit abattoir de porcs, produisait aussi de la charcuterie. Les hommes qui y œuvraient se partageaient donc entre ces deux métiers… ce qui a créé une certaine forme d’émulation. Des sites dédiés aux différents métiers du porc se sont mis en place. « Nous savons aujourd’hui que c’est un atout, sur tous les plans, industriel, sanitaire, et de l’image aussi. Par ailleurs, au sein d’un même groupe, sur ces sites dédiés, les personnes développent des compétences pour leur métier. Notre philosophie, c’est cette volonté de proposer une gamme large pour une clientèle large, une diversification et une complémentarité à tous les niveaux plutôt que de zoomer sur des produits et des clients. »
La recette humaine ? « Il faut des personnes compétentes… qui le sont naturellement ou qui le deviennent. Au sein d’une structure, il est important d’avoir un cadre défini mais avec une réelle autonomie à l’intérieur. Chez Jean Floc’h, il y a de la formation, des projets de carrière, de la promotion interne… et aussi du sang neuf ! » Là encore, diversité et complémentarité sont des mots qui prennent tout leur sens. « Il faut essayer d’additionner tout, aussi bien les activités que les compétences, les méthodes… » La parité hommes femmes existe bel et bien au sein du Groupe. Là aussi, ce sont souvent des perceptions différentes qui au final s’additionnent. Les hiérarchies et structures sont courtes, avec de l’information qui circule rapidement de façon efficace.
Investir et anticiper
Jean Floc’h investit constamment dans l’amélioration de ses établissements : « Nous voyons maintenant au CFIA des robots que l’on ne voyait pas avant en agroalimentaire. Concernant l’automatisation c’est une évidence, car nos métiers font l’objet de process qui évoluent, et ce, pour différentes raisons… bien que nous ayons aujourd’hui un turn over quasiment nul, nous devons rester lucides : par rapport à nos sociétés, il est nécessaire de tenir compte de la pénibilité du métier avec les horaires, le froid, l’humidité… il faut rendre les métiers plus attractifs. Il est aussi évident, comme la forte pression que nous subissons sur nos marges, qu’il faudra demain des process générant des prix de revient plus faibles » souligne Michel Boulaire. Sur les quatre dernières années, Jean Floc’h a investi environ 30M€ dans l’optimisation de ses outils industriels, mais aussi dans l’amélioration des conditions de travail, avec la simplification des process. Dans les quatre ans à venir, des investissements d’au moins 20M € sont prévus. « La concurrence est ouverte à l’Europe et demain sera plus difficile, il est important de s’engager vraiment dans cette logique-là. À nous d’être bons, avec des investissements qui génèrent de la performance. » Le Groupe s’agrandit avec des acquisitions : « Nous ne cherchons pas à collectionner des usines, mais s’il y a des opportunités de croissance externe et dès lors qu’elles sont intéressantes sur le plan de la complémentarité des gammes et des clientèles, il est important de leur accorder l’attention qu’elles méritent. »
Autre grand axe pour demain ? Avec l’automatisation, Jean Floc’h souhaite développer l’innovation sur les produits. « Dans nos métiers, il n’y a pas de révolution réelle sur les produits. L’évolution peut être dans sa présentation, dans l’emballage qui génère une envie d’acheter, des durées de conservation plus longues,… le champ d’innovation est immense ! » s’exclame Michel Boulaire. Autre marché à développer, celui des produits alimentaires intermédiaires que Jean Floc’h exploite depuis plus de 10 ans : « Nous sommes passés des PAI de la barre de jambon que nous fournissions à un fabricant de sandwich que lui-même tranchait, à un PAI livré surgelé IQF (Individually Quick Frozen) prêt à l’emploi. Nous avons réalisé des investissements pour satisfaire encore plus la clientèle dans cette perspective du surgelé IQF en adéquation avec la demande du marché. »
Des produits adaptés à chaque marché : RHD, MDD, PAI, GMS…
Sur les sites des salaisons situés à Baud et à Locminé, ce sont plus de 500 références Gencod différentes, avec 120 à 150T de produits qui chaque jour sortent des usines. Sur les sites, nous retrouvons les fournisseurs de matériel du CFIA : trancheurs Emsens, doseuses Ishida, détecteurs de métaux Mettler…. Côté ingrédients, ils proviennent des majors du secteur (Kerry,
Nactis, Soussana etc…). Chaque usine gère ses développements. Au niveau du Groupe, des personnes transversales, comme Marc Simon en collaboration étroite avec les services R&D permettent de faire des recherches particulières, discuter avec les clients. « Par exemple, pour l’activité salaisons et conserves de viandes, nous avons beaucoup travaillé sur la réduction de sel, explique le directeur qualité (15g de sel au kg, contre 22 à 28g avant pour certaines recettes). La conserverie Jean Floc’h, qui produit depuis 1992 des MDD, gère une quarantaine de cahiers des charges différents. Chaque formule est exclusive, tout est informatisé et tracé dans les recettes, du fournisseur jusqu’au produit final. Concernant le Bio, cette partie a été développée avec la certification Bio pour les salaisons, la conserverie ainsi que Jean Floc’h Surgélation.
Indépendance et synergie entre les différents sites
De nombreux aménagements ont été réalisés sur les sites de production pour lutter contre les TMS et accroître la compétitivité, avec l’aide de la CRAM : basculeurs automatiques pour éviter de se pencher sur les bacs, tables réglables en hauteur, robotisation… le dernier investissement (1M €) s’est porté sur un nouveau robot pour la partie conditionnement et palettisation. Le site de la salaison BERNARD au Barderff est composé de 3 ateliers dédiés aux produits cuits. 14 lignes de production permettent le conditionnement d’environ 330 références de pâtés, boudins noirs, saucissons, saucisses, jambons…
Les eaux usées de l’usine sont récupérées afin de les transformer en compost à la station située sur le site de l’abattoir BERNARD à Locminé. A Guénin, l’usine de Jean Floc’h Surgélation connait une phase d’agrandissement : une partie est dédiée à la production, l’autre au stockage. On va passer ainsi de 8 000 à 12 000 emplacements palettes, ce qui représente plus de 8 000 T en stock permanent. La conserverie et la salaison JEAN FLOC’H sont déjà certifiées IFS, la salaison BERNARD, la salaison Clermont et Jean Floc’h Surgélation le seront d’ici la fin 2011.
Le siège du Groupe se situe à Locminé sur le site de l’abattoir BERNARD, avec les bureaux où tout est centralisé… on y travaille en open space. Beaucoup de communication transverse entre les différents services, constitués d’une équipe où la parité hommes femmes est de mise. Le site comprend une plate-forme d’expédition où 40 personnes s’attellent à la tâche, l’autre partie étant dédiée à l’abattoir et la découpe de viande avec 650 salariés. Des frigos où quelques 700 T de produits transformés sont entreposées en permanence (dont les produits provenant des différentes usines du Groupe). « Nous avons très peu de stocks sur les usines de transformation même, explique Marc Simon. Les produits passent par notre plateforme, sur ce site, qui gère le picking palette, carton ou produits. Chaque jour, 2000 commandes (de quelques kilos à plusieurs tonnes) partent pour la RHD. Cette qualité de service, c’est aussi notre valeur ajoutée ! »
N. Hennebique et B. Bleuzen
Ce que vous avez aimé et moins aimé au cours de l’année écoulée ?
Malgré la crise que le monde vient de traverser, notre entreprise a su garder le cap ; mais c’est un peu logique car le secteur alimentaire a été moins affecté que d’autres. Ce que nous aimerions, c’est que l’administration entretienne des relations de confiance avec les entreprises, qu’elle soit plus proche du monde économique et plus constructive avec nos industries, afin que nous puissions avancer sur nos marchés en France et à l’international.
Le groupe Jean Floc’h
CA : 450 M€
Plus de 150 M€ à l’export
10 sites de production :
Abattoir BERNARD à Locminé, Salaisons BERNARD à Locminé, Salaisons JEAN FLOC’H à Baud, JEAN FLOC’H Surgélationà Guénin, Conserverie JEAN FLOC’H à Baud, Découpe et salaison CLERMONT à Liffré, Abattoir LOUDEAC VIANDES à Loudéac, Découpe et désossage STERGOZ à Bannalec, Salaisons QUILLARD
à Carquefou, Découpe et distribution BERNARD à Montigny-Le-Bretonneux
Plus de 1600 salariés
Dates clés
1985 Achat de la Salaison CLERMONT à Liffré
1987 Extension de l’Abattoir BERNARD à Locminé
1992 Création de la Conserverie JEAN FLOC’H à Baud
1995 Création des Salaisons BERNARD à Locminé
1998 Rachat de LOUDEAC VIANDES et de STER GOZ à
Bannalec
2000 Création de la Salaison JEAN FLOC’H à Baud
2001 Création de JEAN FLOC’H Surgélation à Guénin
2010 Achat de la Salaison QUILLARD à Carquefou
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