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VISITE D’USINE : L’APIHA, la vraie valeur d’une entreprise, ce sont les hommes !

Walter Krieger, Directeur Général de l’APIHA : « concilier efficacité économique, épanouissement personnel et développement social harmonieux… »


Une initiative basée sur l’élévation et le développement de la personne

« La démarche de notre association consiste à offrir à des personnes en situation de handicap ne trouvant pas leur place dans les milieux professionnels classiques, les moyens de s’accomplir au sein de nos six entreprises adaptées réparties sur tout le Lot-et-Garonne » explique Walter Krieger, Directeur Général de L’APIHA (Association Pour l’Insertion des Handicapés Adultes). Le bien-être au travail est un objectif, celui qui favorise la production et des prestations de qualité répondant aux cahiers des charges conformes aux normes et réglementations en vigueur (environnement, hygiène, sanitaire, conditions de travail…). Ces sites aux activités très diversifiées ont des statuts et des obligations équivalents à ceux d’une structure classique.


En premier lieu, les salariés sont des professionnels, recrutés non pas uniquement pour remplir le quota mais pour leurs qualités de travail. Leur accompagnement en entreprise dans un processus d’insertion durable est facilité par la formation, l’information et la sensibilisation. Lorsque l’on visite les structures de l’APIHA, les idées préconçues volent en éclats… on ne voit pas de différence entre les personnes non handicapées et les salariés de ces entreprises. Avec un CA de 13 millions d’euros, l’APIHA compte plus de 260 employés en CDI mais l’effectif peut dépasser les 300 personnes selon les périodes. Joël Milani, Directeur du site « Les Jardins d’Aquitaine », dirige la partie commerciale des trois entreprises agroalimentaires. « Notre démarche est individuelle et collective, y compris pour la partie R&D, assurée par les compétences et les connaissances complémentaires de chacun. Celles-ci sont partagées entre les différentes entreprises agro, ce qui permet aussi d’optimiser les ressources » commente Walter Krieger. « Nous rémunérons nos salariés par une convention d’entreprise propre à l’APIHA… convention à laquelle nous avons adossé un accord de participation. » Les résultats sont répartis pour un tiers dans la modernisation et de nouvelles acquisitions d’investissements : ergonomie, environnement, outil de travail, machines, véhicules, bâtiments… un autre tiers finance le renforcement des fonds propres et le dernier est réparti de façon égalitaire à l’ensemble des salariés.


Développer les métiers agroalimentaires

Parmi les employés, des sourds et malentendants, des personnes déclarées inaptes à leur ancien métier, des accidentés du travail… l’APIHA s’adapte à leur handicap avec des pauses plus fréquentes, une attention soutenue et de nombreuses formations. Les salariés ont un Comité d’Entreprise, des syndicats et des salaires au dessus du SMIC. L’association, tenue d’embaucher 80% d’handicapés, perçoit des aides de l’état. « Afin de prouver leurs capacités à travailler aussi bien que les autres, les personnes handicapées ne craignent pas de redoubler d’efforts et s’investissent de façon très importante dans leur activité. »

Pour Walter Krieger, les vraies valeurs d’une entreprise ce sont les hommes : « vous pouvez avoir l’outil industriel le plus sophistiqué du monde, s’il n’y a pas l’homme derrière pour assurer la qualité, le final du produit, cela ne fonctionnera pas ! » L’objectif de l’APIHA est de développer les métiers agroalimentaires avec une plus grande autonomie tout en multipliant ses propres marques… autant de perspectives prometteuses pour ce directeur dynamique et son équipe toujours à la recherche d’évolution.« Nos clients ont bien compris l’aspect civique de notre démarche et l’implication de l’association, en la considérant comme n’importe quelle autre entreprise, d’autant plus que les contrats passés s’accompagnent, pour les acheteurs, d’avantages financiers. Il y a des choses à faire, des attentes de la grande distribution… et il est dans notre optique d’y répondre en développant nos sites de Casteljaloux, St Pierre/Dropt et Agen ! » Avec un CA en hausse chaque année, des investissements et des projets de développement, cette structure qui a le vent en poupe nous démontre qu’une économie à qualité sociale bien pensée fait ses preuves dans le domaine de l’industrie, en passant par celui de l’environnement, la création d’emplois et la valorisation du côté humain.



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Philippe Dubois Directeur Festifruits et Walter Krieger Directeur Général de l’APIHA

Festifruits, une entreprise qui grandit en conservant sa dimension humaine…

Du service jusqu’au rayon pour un marché bien particulier

Créée en 1999 et installée à St Pierre/Dropt, l’entreprise Festifruits dirigée par Philippe Dubois est spécialisée dans le conditionnement et la commercialisation d’une large gamme de produits comme les fruits secs et moelleux, fruits secs enrobés, fruits à coques, herbes aromatiques, épices, aides pâtissières, confiseries, confits de fruits ou condiments… 246 références en marques propres Festifruits et Saveurs & Epices sont commercialisées en grandes et moyennes surfaces sur le plan national avec un rythme de 500 000 unités par mois. Le site réalise également les conditionnements pour le compte de grands industriels à distribution nationale voire internationale et sous marques distributeurs (une vingtaine de références). Tout le processus de mise en place d’une gamme MDD fait l’objet d’études et de tests, menés de concert avec les responsables qualité des enseignes.

Du sachet pegboardable au sachet coussin, du sachet stabilo seal au mini pocket (50g), le conditionnement en fruits secs peut aller jusqu’à 1kg. Si l’on s’approvisionne localement pour le pruneau d’Agen IGP, la noisette et la noix, 75 % des matières premières proviennent de l’importation (Espagne, Turquie, Italie, des îles pacifiques…). L’approvisionnement en matières premières sur les autres régions mondiales de production nécessite beaucoup de vigilance et de rigueur. Festifruits fonctionne sur trois plages horaires. « Le matin est dédié à la production pure et l’après-midi à la production et l’operculage des produits fragiles et plus particulièrement des chouchous (cacahuètes sucrées) », explique Philippe Dubois Directeur de l’entreprise. Les plannings sont travaillés à la semaine, pour chaque type de production. L’usine compte 80 salariés, dont 80% de travailleurs handicapés. Une équipe commerciale constituée d’un responsable de région, de 3 technico-commerciaux, 14 merchandiseurs et 4 promoteurs des ventes couvrent l’hexagone et réalisent diverses opérations allant de la prise de commande jusqu’à la mise en rayon en passant par des animations commerciales. Pour Festifruits, deux stratégies de mise en marché sont développées : le démarchage en direct auprès de la grande distribution, pour l’ensemble des familles de produits, et le démarchage auprès des centrales d’achats.

Un équipement industriel unique en Europe

Un premier plan d’investissements a été mené en 2004. Deux millions d’euros supplémentaires seront investis sur les prochaines années afin de procéder à une phase d’extension du site qui devrait bientôt passer de 3800 m2 à 5000 m2. « Nous nous sommes dotés d’un outil de travail optimisé avec une partie de l’usine refaite et robotisée que l’on adapte en fonction des produits… en tenant compte également de la problématique allergène », souligne Philippe Dubois, qui s’est investi avec passion dans ce projet de développement des machines et du bâtiment, en réalisant un assemblage de process : entre la recherche pour la conception, la fabrication des différents modules et la phase d’installation, d’amélioration et de réglages, la mise en service de cet équipement à la pointe de la technologie a nécessité une année de travail… ce projet a été mené à bien grâce à plusieurs fournisseurs européens (France, Pays Bas, Belgique…). C’est ainsi qu’en atelier, un système entièrement informatisé et sécurisé gère l’aspect de mise en conformité, vérifie la mise en place des bocaux avant remplissage et s’occupe de l’alimentation des matières premières. La trémie d’alimentation ravitaille la peseuse associative avec 14 têtes de pesée (la pesée associative va calculer le poids sur plusieurs godets). Après la ligne d’operculage, les produits passent au détecteur métallique, et par la trieuse pondérale avant d’aborder l’étiquetage et le conditionnement. La ligne de production permet le conditionnement des produits sous atmosphère modifiée afin d’optimiser la durée de vie des produits.

Des projets à l’horizon 2010

Parmi le matériel récent, une nouvelle ensacheuse équipée d’un bennot avec un mat, s’adapte elle aussi, à chaque type de production et de format. Exit le carton ! Chez Festifruits, on oeuvre aussi pour le développement durable par l’allègement des emballages en utilisant un film élaboré pour le surconditionnement des produits porteurs (bocaux plastiques) : « nous vendons par exemple des colis de 6 unités, mais nous adaptons les quantités à la demande. Ainsi, nous travaillons aussi à la réduction des déchets de carton. La majorité de nos clients l’ont accepté ! » commente Philippe Dubois. En emballage, au niveau des contenants, Festifruits travaille avec des fournisseurs européens. Tous les produits sont identifiés. Grâce à un système informatique de pointe, aussi bien en amont qu’en aval, la vie du produit est tracée. La préparation des commandes (picking) est réalisée sur place. Cependant, on réfléchit à la mise en place d’une plate forme afin d’optimiser l’aspect logistique, en centralisant les commandes sur un même site… c’est de l’intelligence économique ! Il n’est pas rare que l’entreprise reçoive des appels de consommateurs demandant conseils et astuces pour l’utilisation des produits : « nous leur donnons des idées de recettes. C’est un échange enrichissant qui nous permet, grâce à leurs observations, d’améliorer aussi toujours plus nos prestations. » Avec un CA qui augmente chaque année et un développement important, chez Festifruits, on ne se repose pas sur ses lauriers car d’autres projets sont déjà dans les starting-blocks : une boutique en ligne va bientôt voir le jour. L’entreprise va se développer de façon plus importante à l’export, en travaillant notamment pour la Russie et le Moyen-Orient.


Casteldélices, un outil de production ultra moderne !




Une démarche économique à finalité sociale

L’activité de l’entreprise Casteldélices, dirigée par Jérôme Juge, réside dans la valorisation de fruits moelleux (pruneaux d’Agen, abricots…). Depuis avril 2009, le site niché dans un bel écrin de verdure lot-et-garonnais s’est refait un nouveau look, avec un bâtiment de 1500 m2 complètement optimisé : suite aux travaux de réaménagement, et sans modifier les volumes, la surface de travail s’en trouve améliorée, avec une notion de redistribution intelligente afin d’optimiser le process, le flux et les conditions de travail. L’idée maîtresse est d’assurer de futurs développements avec un concept facilement modulable et sans contrainte technique particulière.

Les investissements (bâtiments et machines) représentent 1,2 millions d’euros. L’entreprise compte 33 salariés dont 90 % de personnes handicapées. En 2010, une dizaine de personnes viendront renforcer l’effectif. Avec la prise de conscience des enjeux écologiques et les nouvelles directives liées à la consommation énergétique, les locaux ont été réaménagés dans un souci environnemental. La lumière est gérée avec un détecteur de présence et la luminosité dans les locaux se régule en fonction de celle extérieure. 16m2 de panneaux solaires sur toiture permettent de fournir 1300 litres d’eau chaude par jour. Les locaux et l’organisation permettent de travailler le pruneau et de fournir aux clients des prestations diverses : le dénoyautage, l’ensachage et la pasteurisation. Sur la partie dénoyautage, rien ne se perd ! Pour 5 T de matières qui rentrent, autant repartent vers différentes filières avec des déchets de production revalorisés en crème de pruneaux, compléments de chauffage bois ou dans la cosmétique.

Côté ateliers, le dénoyautage s’effectue sur des postes individuels. Au niveau de l’assise, de la hauteur, du fonctionnement même de la machine, le matériel est adapté en fonction de chaque personne : l’ergonomie des postes trouve ici tout son sens. Des installations –notamment en sécurité incendie- sonores et visuelles ont été prévues pour les personnes sourdes et malentendantes.

De nombreuses actions sont menées en étroite collaboration avec la CRAM. Les industriels du secteur font confiance à cette entreprise qui produit 800 tonnes de pruneaux dénoyautés par an et aujourd’hui la grande distribution s’intéresse à son savoir-faire…


Identité APIHA

• 1999 : l’APIHA s’est créée en reprenant, pour sa part, tous les sites de production d’une ancienne structure médico-sociale en difficulté.

• 2000 : l’association affichait un CA de 6 M€ pour atteindre en 2008 un chiffre de 13M€. Effectif : 308 salariés répartis sur les 6 entreprises adaptées conventionnées par l’état, dont trois principaux sites agroalimentaires :

- Les Jardins d’Aquitaine (Agen) préparation et conditionnement de fruits et légumes frais.

73 salariés – CA : 5,95 M€ – MDD et marques propres (« Maître Jardinier » et « Jardins d’Aquitaine »). Clients : Carrefour, Casino, Auchan, Système U, Leclerc…



- Festifruits (St Pierre-sur-Dropt)

80 salariés - CA : 5,45 M€ – Clients : Grande distribution, IAA.

• 2004 : 1ère phase de modernisation du site (1 million €).

• 2009 : investissements matériels (environ 400 000 €).




- Castel Délices (Casteljaloux)

33 salariés - CA : 0,45 M€ - Clients : Grande distribution, industriels agroalimentaires

• 2009 : rénovation du site et optimisation des 1500 m2 de bâtiment (investissements 1,2 millions €).

N. Hennebique et B. Bleuzen




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