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Contribuer à la prévention des TMS, une priorité pour le département des risques professionnels de la CRAM de Bretagne

 

Gestes répétitifs, travail en force, postures prolongées, stress en lien avec l’organisation du travail…, les conditions de travail sont le principal facteur de risque à l’origine des Troubles Musculosquelettiques (TMS), ces pathologies qui affectent le système locomoteur (poignet, épaule, coude, genou et aussi le dos).

Le secteur de l’agroalimentaire est un des secteurs les plus touchés. Il a enregistré pendant longtemps  des  augmentations annuelles de  l’ordre de 20% pour ces maladies professionnelles. Si une baisse semble se profiler aujourd’hui, compte tenu des efforts réalisés par les entreprises, c’est en intensifiant les actions que cette tendance sera pérennisée. Gros plan sur les actions proposées par la CRAM de Bretagne.

 

Des actions nationales relayées en région

Au plan national, deux conventions d’objectifs visent à aider les filières viandes de boucherie et viande de volaille. Les entreprises de moins de 200 salariés peuvent obtenir des aides financières pour lutter contre les TMS dans le cadre d’une démarche globale de prévention.

En Bretagne, pour sensibiliser les entreprises, 120 rencontres avec les comités d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) ont été réalisées en 2009. Des entreprises cibles ont aussi pu bénéficier d’un questionnaire leur permettant d’évaluer l’état de développement de leur prévention des TMS et de dégager les pistes de progrès.

 

Des formations proposées

La CRAM offre aux chefs d’entreprises et agents de direction la possibilité de suivre des formations pour les sensibiliser aux enjeux financiers. Il faut savoir que le coût moyen d’un TMS  dans une entreprise avoisine les 40 000 € (coût intégralement facturé par l’ajustement du taux de cotisation AT/MP).

Des stages de formation sur la démarche en ergonomie sont également proposés.

 

Des échanges avec les entreprises

Comme dans tout domaine, l’échange d’expériences est toujours bénéfique. C’est au sein, notamment, de l’Association Bretonne des Entreprises Agroalimentaires (ABEA) que les entreprises peuvent communiquer sur la problématique des TMS. La CRAM y est souvent présente.

Il faut noter que quelle que soit la taille de l’entreprise, des actions peuvent être menées . Même dans une PME, si le chef d’entreprise se rend disponible sur le sujet, qu’il est persuadé du bien fondé d’une démarche ergonomique, on obtient des résultats probants.

La CRAM associe également les entreprises lors de journées thématiques ou conférences. Obtenir des témoignages de chefs d’entreprises ou de salariés est toujours très enrichissant.

Une conférence régionale a notamment été organisée en novembre 2009 à Pontivy sur cette thématique avec plus de 170 participants du monde industriel.


 

L’agroalimentaire : un secteur fortement concerné

La Bretagne présente un taux d’accident supérieur aux moyennes nationales. En 2008, l’indice de fréquence régional moyen qui correspond au nombre d’accident de travail avec arrêt pour
1 000 salariés est de 45,9 ‰ (38 ‰ au niveau national).

L’importance de l’industrie alimentaire en Bretagne explique en partie ce constat.

Les TMS représentent sur la Bretagne 90 % des principales maladies professionnelles. 42,6 % des TMS sont développés dans le secteur agroalimentaire. Entre 2006 et 2008, une diminution relative est tout de même constatée.

Le monde de l’agroalimentaire est en constante mutation et c’est en intégrant très en amont la problématique TMS dans un projet et également une certaine souplesse dans l’organisation du travail que l’on évitera la survenue de cette pathologie. Les ergonomes ont un rôle également à jouer auprès des équipementiers mais ce n’est pas la machine qui est ergonomique, c’est son implantation en fonction du travail réel à réaliser qui doit être étudié.

 

 

2004

2005

2006

2007

2008

Affections périarticulaires (TMS) en Bretagne 

3 026

3 285

3 375

3 351

3 283

 

Zoom sur la formation « la démarche du couteau qui coupe »

Les CRAM organisent une formation gratuite sur deux ans pour les salariés qui utilisent des couteaux dans leur profession. Cette formation est financée par la CNAM.

Renseignement sur le stand de la CRAM de Bretagne ou dans la CRAM de votre région.

 

 

Prévenir les TMS : un exemple de collaboration avec la CRAM de Bretagne

L’entreprise Capitaine Houat située à Lorient est spécialisée dans la transformation de poissons frais depuis 1988. Ses 200 salariés travaillent sur le filetage de poisson frais, la cuisson de crevettes d’élevage ainsi que le « libre-service » (barquettes de poisson destinées aux rayons des grandes surfaces Intermarché). Dès 2004, elle constate une augmentation des TMS et accidents du travail qui se traduit par un taux élevé de cotisations « accidents du travail ».

En 2007 une réflexion s’engage avec la CRAM et la médecine du travail. L’objectif visé est l’amélioration de l’ergonomie et des conditions de travail dans les ateliers de filetage.

Le personnel est associé à la démarche et 3 instances de réflexion sur les conditions de travail sont créées.

Les dysfonctionnements et autres anomalies, sont listés : blocage des caisses, postures non adaptées, efforts trop importants de manutention.

Au final, l’organisation de l’atelier est revue et différents investissements améliorent les conditions de travail :

  • la mise en place de convoyeurs évite de nombreux déplacements et ainsi limite les risques de chutes et de glissades
  • la récupération automatique des déchets des peleuses, un système de mise à hauteur variable des postes d’opérateur facilitent  les opérations de manutentions de matériels, de charges lourdes,
  • des tables ergonomiques et des modifications des postes de travail réduisent les mauvaises postures et les gestes inadaptés.

Forte de ce succès, Capitaine Houat va faire intervenir une psycho dynamicienne pour continuer à travailler sur l’organisation interne et la prévention des risques psychosociaux de l’atelier